Octobre Rose : prendre soin de son corps, c’est aussi prendre soin de sa santé psychologique

marie-cecile Par

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Chaque année, Octobre Rose nous rappelle l’importance de la prévention et du dépistage du cancer du sein.

Prendre soin de son corps, se faire suivre et se faire dépister lorsque cela est recommandé sont essentiels. Mais lorsque la maladie entre dans une vie, elle ne touche pas seulement le corps. Elle vient aussi bouleverser les émotions, l’image de soi, la vie de couple, la famille et parfois notre manière même de nous projeter dans l’avenir.

À l’occasion d’Octobre Rose, j’ai donc choisi de parler d’un aspect parfois moins visible : la santé psychologique de la personne touchée par le cancer, mais aussi celle de ses proches.

Quand le corps change… l’image de soi peut changer aussi

Le cancer du sein touche une partie du corps particulièrement chargée de symboles. Les seins peuvent être associés à la féminité, à la sensualité, à la maternité ou simplement à l’image que l’on a toujours eue de son propre corps.

La maladie et les traitements peuvent entraîner des transformations : une cicatrice, une chirurgie du sein, une perte de cheveux, des variations de poids, de la fatigue ou d’autres effets secondaires.

Face au miroir, il faut parfois apprendre à reconnaître un corps que l’on n’a pas choisi de voir changer.

Certaines femmes vont rapidement retrouver leurs repères. Pour d’autres, cela demandera davantage de temps. On peut avoir l’impression d’être devenue différente, se sentir moins féminine ou moins désirable, éprouver des difficultés à montrer son corps ou simplement avoir besoin de temps pour se le réapproprier.

Il n’existe pas une « bonne » manière de vivre ces transformations.

Retrouver confiance en soi peut être progressif. Cela passe parfois par des choses très simples : prendre soin de soi, retrouver des vêtements dans lesquels on se sent bien, accepter son nouveau reflet petit à petit, mais aussi pouvoir parler de ce que l’on ressent sans avoir à faire semblant que tout va bien.

Octobre rose quand le corps change

Une véritable tempête d’émotions

Il y a l’annonce de la maladie, bien sûr. Mais il y a aussi l’attente des examens et des résultats, les traitements, les rendez-vous médicaux, puis parfois l’après-cancer.

À chacune de ces étapes peuvent apparaître des émotions différentes.

La peur est souvent présente : peur des traitements, de la douleur, de ce que l’on va devenir, de la réaction des autres, de l’avenir ou d’une récidive.

Mais il peut aussi y avoir de la colère : « Pourquoi moi ? »

De la tristesse.

Un sentiment d’injustice.

De la culpabilité, notamment vis-à-vis de ses enfants ou de son conjoint.

De la fatigue psychologique.

Et quelquefois une difficulté à comprendre ses propres réactions : certains jours, on se sent capable d’affronter la situation et, le lendemain, beaucoup plus fragile.

Ces émotions n’ont pas à être jugées.

Les accueillir, pouvoir les nommer et les exprimer permet déjà de ne pas rester seule avec elles.

Le couple et l’intimité peuvent aussi être bouleversés

Le conjoint ou la conjointe peut devenir un soutien essentiel pendant la maladie. Mais le couple lui-même doit parfois trouver un nouvel équilibre.

Celui ou celle qui accompagne peut avoir peur, tout en essayant de ne pas le montrer. La personne malade peut, de son côté, vouloir protéger son conjoint de ses propres inquiétudes.

Et à force de vouloir se protéger mutuellement, chacun peut finir par garder beaucoup de choses pour lui.

Les transformations du corps, la fatigue, les traitements, la diminution du désir ou la peur du regard de l’autre peuvent également avoir des conséquences sur l’intimité.

Il peut alors être important de retrouver la possibilité de se parler : dire ce que l’on ressent, ce que l’on craint, ce dont on a besoin, mais aussi respecter le rythme de chacun.

La tendresse, la proximité, le dialogue et l’affection font eux aussi partie de l’intimité.

La maladie ne touche pas qu’une personne

Octobre rose meme les proches

Lorsqu’une personne est atteinte d’un cancer, toute une famille peut se retrouver bouleversée.

Le conjoint, les enfants, les parents, les frères et sœurs ou les amis proches peuvent eux aussi ressentir de la peur, de la tristesse, de la colère ou un profond sentiment d’impuissance.

Que faut-il dire ?

Faut-il parler de ses propres inquiétudes ou les garder pour soi ?

Comment aider sans devenir trop protecteur ?

Comment être présent sans envahir ?

Et comment continuer à vivre normalement alors que plus rien ne semble tout à fait normal ?

Il n’est pas toujours facile de trouver la bonne distance.

Les proches ont eux aussi le droit d’être fatigués, inquiets ou démunis. Eux aussi peuvent avoir besoin de parler et d’être soutenus.

Prendre soin de la personne malade ne signifie donc pas oublier ceux qui l’accompagnent.

Parler peut aider

Parler ne fait pas disparaître la maladie. Mais mettre des mots sur ce que l’on traverse peut permettre de ne plus porter seule certaines émotions.

On peut parler de sa peur.

De sa colère.

De son corps.

De son couple.

De ses enfants.

De sa fatigue.

De ce que l’on n’ose pas forcément dire à ses proches, justement parce qu’on souhaite les protéger.

Parfois, le simple fait de disposer d’un espace où l’on n’a pas besoin d’être « forte », où l’on peut déposer ce que l’on ressent sans craindre d’inquiéter quelqu’un, apporte déjà un soulagement.

L’accompagnement psychologique peut également permettre de mobiliser ses propres ressources, de mieux comprendre certaines réactions émotionnelles et de traverser cette période avec davantage de soutien.

Et cet accompagnement peut concerner la personne malade comme ses proches.

Prendre soin de soi, c’est aussi s’autoriser à être accompagnée

Lorsqu’on traverse une maladie, prendre soin de soi ne se résume pas aux rendez-vous médicaux et aux traitements.

C’est aussi prendre soin de sa vie émotionnelle.

S’autoriser à avoir peur.

S’autoriser à ne pas toujours aller bien.

S’autoriser à demander de l’aide.

Et surtout, ne pas se demander en permanence si ce que l’on ressent est « normal ».

Un accompagnement peut être utile à différents moments : lors de l’annonce, pendant les traitements, après ceux-ci, lorsque l’entourage reprend sa vie habituelle alors que l’on ne se sent pas encore tout à fait « comme avant », ou simplement lorsque le besoin de parler se fait sentir.

Et même si Octobre Rose est consacré au cancer du sein, ces bouleversements psychologiques, familiaux et relationnels peuvent accompagner bien d’autres cancers et maladies graves.

Prendre soin de sa santé psychologique fait aussi partie du chemin.

Pour soi, mais aussi pour ceux que l’on aime.

Octobre rose parler peu aider

Informations utiles sur le dépistage

En France, le programme organisé de dépistage du cancer du sein concerne les femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni facteur de risque particulier. Une mammographie et un examen clinique des seins sont proposés tous les deux ans.

En présence de symptômes, d’antécédents personnels ou familiaux ou d’un risque particulier, les modalités de surveillance peuvent être différentes : il convient alors d’en parler avec son médecin, son gynécologue ou sa sage-femme.

Informations officielles : Institut national du cancer – Je fais mon dépistage
https://jefaismondepistage.cancer.fr/cancers-du-sein/

Pour aller plus loin

J’avais déjà abordé le cancer sous un autre angle dans un précédent article consacré à l’accompagnement émotionnel avec l’EFT :

Cancer et EFT : accompagner les émotions dès l’annonce
https://www.mapsydanslesetoiles.fr/blog/cancer-et-eft.html